Covid-19 : Enseigner en distanciel

Cours de langues en visio-conférence

Suite à la pandémie mondiale de la Covid-19 et en particulier pendant les mois de confinement en France (du 14 mars au 10 mai 2020) j’ai dû modifier mon activité.

Mon expérience professionnelle

Jusqu’à présent l’essentiel de mon activité était en présentiel (à domicile ou sur le lieu de travail de l’apprenant), mais j’avais déjà 2 étudiants en distanciel. Je savais donc non seulement que c’était possible, mais aussi comment le mener à bien avec succès. En 2015 en Angleterre j’avais commencé à donner des cours particulier de FLE en face à face. Après mon déménagement dans le Morbihan, nous avions continué les cours en visio-conférence sans aucun problème.

En effet, grâce à la caméra, les contact visuel et humain sont bel et bien maintenus. Comme sur un tableau blanc je peux aussi envoyer des messages en continu pour apporter un support écrit, par exemple pour le nouveau vocabulaire. Et grâce à la plateforme en ligne, je peux aussi partager des vidéos, des images ou des fichiers audio.

Pendant le confinement

Le plus important a été de maintenir une bonne relation de travail avec les étudiants qui étaient habitués aux cours en présentiel. Dans l’ensemble cela a bien fonctionné de part et d’autre. Une étudiante avait beaucoup d’appréhension au début à communiquer sur ordinateur. Mais nous avons persévéré pendant plusieurs semaines et finalement, elle a changé d’ordinateur pour en améliorer les performances et elle préfère continuer les cours en ligne !

J’ai également acquis de nouveaux élèves, uniquement en distanciel. L’un d’entre eux avait besoin de soutien en anglais et il a été admis en 2nde Section Européenne ! Nous ne nous sommes jamais vus « en vrai » mais cela n’a manifestement pas affecté la qualité de l’enseignement qu’il a reçu.

Les avantages du distanciel

Les cours en visio-conférence évitent le port du masqueDans le contexte d’une pandémie, le premier avantage bien sûr c’est la sécurité ! De plus, grâce à la caméra, l’apprenant peut observer ma bouche non-masquée, pour mieux comprendre quand je ne parle pas français. Le cours se déroule donc comme si j’étais à côté. Je vois facilement quand mon interlocuteur ne comprend pas ou s’il perd sa concentration et je peux tout de suite intervenir. Cela permet également d’avoir des horaires plus souples, et de gagner du temps.

Et les inconvénients ?

Hélas nul n’est à l’abris d’un problème technique : connexion internet trop lente, panne de batterie, coupure d’électricité intempestive ou problème de logiciel. Cependant, avec un peu de patience et de compréhension mutuelle, tout ceci est très surmontable ! Je dirais même que cela en vaut la peine, si j’en crois mon expérience récente.

Quand le distanciel est impossible

Parfois l’apprenant a une véritable aversion des écrans ou n’arrive pas à se concentrer suffisamment devant l’ordinateur. De plus, même si la couverture s’étend, il y a encore des zones blanches (sans connexion internet) en France. Dans ce cas, j’ai proposé des révisions sous formes d’exercices à faire chez soi, avec une correction régulière et des explications envoyées par mail. Mais ce n’est qu’une solution à court terme.

Pour une étudiante particulièrement motivée, j’ai aussi assuré des cours uniquement par téléphone pour la préparation très ciblée d’un examen d’anglais. Elle avait multiplié sa note par 2, ce qui est un résultat fantastique !

La rentrée 2020

Aujourd’hui en raison de la circulation active du virus, le port du masque est obligatoire dans les lieux clos ou confinés.  En accord avec les recommandations du gouvernement, j’ai poursuivi les cours en ligne avec ceux qui le souhaitaient.

Cependant, j’ai aussi donné plusieurs cours en présentiel, avec un masque et en gardant les distances physiques, jusqu’au reconfinement après les vacances de la Toussaint.

Je continue dorénavant à donner des cours en visio-conférence, jusqu’à nouvel ordre. Je suis encouragée du fait que pour mes élèves, « cela n’impacte pas la pertinence et la qualité de la formation. « 

 

 

Aller à l’étranger…

Le parc du Retiro à Madrid, Espagne

Ici en France, tout le monde a l’air d’accord : pour vraiment apprendre une langue et la parler couramment, il vaut mieux aller vivre dans le pays.

Je serais plutôt mal placée pour dire le contraire : j’ai fait plusieurs séjours linguistiques en Angleterre, puis en Espagne avant d’aller m’y installer à plus long terme. Mais ce qui a vraiment fait une différence, c’était l’absence (ou presque) de contacts avec des français une fois sur place. Et ça, je dirais que c’était aussi important que de faire le déplacement !

Pas toujours facile

Une fois dans le pays, on se sent submergés : tous les mots, tous les sons nous assaillent et deviennent un défi. C’est fatigant :  à chaque échange, il faut faire des efforts et souvent, on n’est pas compris, alors il faut répéter, c’est humiliant et frustrant. Le pire c’était les groupes : plusieurs conversations en même temps impossible à suivre… On a vraiment envie d’abandonner…  Souvent au début, j’arrêtais d’essayer de comprendre et je me réfugiais dans ma bulle, laissant mon entourage devenir un doux brouhaha… Mais heureusement, petit à petit, lentement mais sûrement, le cerveau s’habitue et on finit par se débrouiller !

Comment s’améliorer

Pour progresser au quotidien, je regardais d’abord les jeux télévisés et les dessins animés pour travailler ma compréhension !  Mais c’est de rencontrer des natifs et leur parler régulièrement qui a été déterminant pour m’aider à progresser rapidement. Au bout de plusieurs mois j’ai pu commencer à écouter des émissions de radio et le téléphone ne me faisait plus aussi paniquer ! Et puis, grâce aux sous-titres, j’ai pu apprécier les films en version originale (et j’ai complètement abandonné la VF depuis !) Mais quand j’ai enfin réussi à prendre du plaisir à lire un roman en anglais ou en espagnol, sans m’arrêter tous les 3 mots pour regarder dans le dictionnaire, j’ai souri intérieurement de satisfaction !

Devenir bilingue

J’ai entendu dire que si on rêve et si on arrive à compter dans la langue étrangère, ça veut dire qu’on est pratiquement bilingue… En fait, ce n’était pas vraiment mon objectif car pour moi, apprendre une langue c’est comme un puits sans fond : on n’a jamais fini de découvrir de nouveaux mots, de nouvelles expressions, ou encore de nouvelles nuances… C’est ça la beauté d’une langue ! Comme on dit en anglais « it keeps you on your toes »(ça nous oblige à ne pas nous relâcher !) et du coup on n’a jamais fini d’apprendre !

Alors, autant le savoir dès le début et profiter du voyage plutôt que de penser seulement à la destination !

Une maison californienne

Enjoy the ride ! Bon voyage ! ¡Hasta la vista!