Après ma formation d’anglais

Idées pour pratiquer l'anglais

Le test d’anglais

Si vous avez suivi une formation d’anglais dans le cadre de votre Compte Personnel de Formation, vous avez dû la valider par un test. Tout d’abord ne vous découragez pas trop du résultat s’il ne correspond pas à vos attentes ! Ce test ne reflète qu’une partie de vos compétences linguistiques et seulement à un instant « t ».

Vous avez revu des bases de grammaire, vous avez eu des conversations en anglais et vous avez l’impression d’avoir progressé, mais vous n’avez pas forcément atteint le niveau que vous espériez. Qu’à cela ne tienne, vous pouvez renforcer ces acquis par vous-même, sachant que l’on n’a jamais fini d’apprendre !

Make it fun

Le plus important, maintenant que vous n’avez plus de « cours » réguliers, c’est d’être suffisamment motivé pour continuer. Quels sujets vous intéressent ? Aujourd’hui avec Youtube, vous avez un accès facile et illimité à du contenu anglophone authentique ! Mettez les sous-titres anglais et essayez ensuite de regarder les vidéos sans aucune aide ! A défaut de sous-titres, vous pouvez parfois ralentir la vitesse des commentaires. Et n’oubliez pas de lire d’abord la présentation de la vidéo pour vous donner une idée du sujet avant de vous lancer.

Je vous ai déjà donné des idées dans un autre post ! Si vous aimez l’actualité, je vous recommande également VOX, Brut America et Great Big Ideas qui traitent de nombreux sujets divers et variés avec des vidéos de moins de 5 mins. Si vous aimez la nature, National Geographics sont incontournables. Et en vous abonnant à ces chaînes, vous recevrez de nouvelles vidéos régulièrement.

Je trouve la newsletter de BBC.com très utile également : vous recevez chaque vendredi des articles (assez longs) sur de nombreux sujets, à lire tranquillement pendant le week-end ! Et l’abonnement est gratuit !

Enfin, si vous aimez les podcasts, je vous recommande celui du British Council et le Voice Of America, si vous voulez vous entrainer à comprendre l’accent américain ! Vous écouterez des natifs qui parlent un peu plus lentement, tout en restant naturels et vous pourrez aussi mieux suivre en lisant les scripts.

Communiquer en anglais

Avez-vous des collègues sympathiques à l’international ? Ou peut-être que dans vos connaissances, vous pourriez instaurer une conversation plus ou moins régulière en anglais ? Sinon, la prochaine fois que vous écrivez un mail en anglais, n’oubliez pas de mettre à profit ce que vous avez appris : quel temps allez-vous utiliser, pouvez-vous remplacer des adverbes par un modal ? Et ces verbes à particules que vous venez d’apprendre ?

Sinon, il y a peut-être un club d’anglais près de chez vous ? Certains organisent des rencontres franco-anglaises simplement pour discuter et faire connaissance ! Même après le Brexit il y a encore de nombreuses opportunités de communiquer avec nos voisins Britanniques. Si vous préférez contacter des Américains, c’est possible également !

Regarder des films en VO

Si vous ne le faisiez pas déjà, c’est un excellent moyen d’allier l’utile à l’agréable ! Vous pouvez commencer par regarder un de vos films favoris dans sa version originale, comme ça vous n’aurez pas de problème de compréhension. Les séries et les documentaires sont aussi très utiles, car ils sont en général plus courts. N’oubliez pas de mettre les sous-titres anglais : avec un peu d’habitude cela vous permettra de vérifier visuellement ce que vous entendez. Vous apprendrez aussi de nouvelles expressions, et du vocabulaire !

Et les chansons ?!

Vous pouvez également trouver sur Internet les paroles de chansons de vos artistes anglo-saxons préférés ! Il y en a beaucoup qui vont (heureusement) au-delà du classique « Baby I love you/ I love you Baby ». J’apprécie particulièrement Taylor Swift, car elle aime jouer avec les mots et utilise beaucoup de proverbes et d’expressions familières. Les chansons de rap sont aussi intéressantes, par exemple. Vous pouvez analyser le texte point par point : quels temps sont utilisés et pourquoi ? Quels mots de vocabulaire sont utilisés ? Y-a-t’il des expressions à apprendre ? Et avec la mélodie, ces paroles seront encore plus faciles à mémoriser une fois que vous les aurez comprises !

Comme vous le voyez, il y a beaucoup de possibilités de pratiquer l’anglais au quotidien, tout en vous amusant ! Cela vous permettra non seulement de faire travailler votre oreille,  mais aussi d’améliorer votre compréhension et votre expression. Bonne continuation !

Apprendre l’anglais, avec quelle méthode ?

C’est la rentrée : cette fois, vous êtes décidé(e) : vous allez vous (re)mettre à l’anglais ! Vous êtes super motivé(e) mais quelle méthode choisir ? Votre mairie organise-t-elle des cours en groupe ? Avez-vous pensez à étudier seul en ligne ou avec une application mobile ? Ou alors vous envisagez les cours particuliers. Chaque méthode a ses avantages et ses inconvénients, à vous de trouver ce qui vous convient le mieux.

1/ Les cours en groupe de la Mairie

En général les cours sont organisés une fois par semaine sur un trimestre, avec possibilité de renouveler l’engagement ensuite. C’est souvent assez économique et on vous propose un test de niveau avant de commencer. Cela vous permet de rencontrer d’autres apprenants qui habitent près de chez vous, avec un même intérêt. Les cours sont intéressants et variés, avec de la pratique grammaticale et une introduction de la culture anglophone (Angleterre et Etats-Unis). Vous pouvez aussi vous préparer à passer un test comme le TOEFL par exemple.

Si vous êtes à l’aise en groupe et que vous souhaitez pratiquer l’anglais sans trop de pression et à un moindre coût, c’est une bonne méthode.

Pour passer un test à ajouter sur un CV cela peut vous être utile, mais n’oubliez pas de vérifier que le test est bien homologué et sur combien de temps est la formation.

Par contre, pour les débutants les cours en groupe seront peut-être difficiles à suivre. Quand vous hésitez trop longtemps pour répondre ou que vous avez peur de vous tromper, vous risquez de vous décourager.

2/ Les cours en ligne ou avec une application

Avec l’Internet les cours en ligne se multiplient, avec des méthodes plus ou moins innovantes. Il y a aussi des applications mobiles. Quelques points importants à vérifier avant de choisir : 1/ une variété de contenus : texte, graphique, vidéo, ou audio. 2/ des contenus authentiques, avec des intervenants natifs parlant à une vitesse normale et dans une situation extra-scolaire (au bureau, chez un ami, au supermarché…). 3/ une progression adaptée (en général gérée par ordinateur et en fonction de tests réguliers) et enfin 4/ des cours de grammaire associés à la culture anglosaxone. 

Souvent ces méthodes sont gratuites mais proposent aussi une version payante plus développée. Si vous savez vous motiver seul et que vous arrivez à vous connecter régulièrement, c’est une bonne solution pour faire des révisions et apprendre du vocabulaire sans aucune pression. Les leçons sont rapides et les applis savent comment vous attirer tous les jours ! Ainsi, vous avez vite l’impression de progresser.

Par contre, c’est aussi à vous de mémoriser le vocabulaire et de le mettre en pratique. Vous pouvez écrire des phrases, les répéter à voix haute ou les réciter à quelqu’un. Ou pourquoi pas les chanter sur une mélodie que vous connaissez bien ! En tout cas, cela prend du temps supplémentaire au quotidien.

L’inconvénient c’est que vous n’avez aucun contrôle sur le contenu des cours. Vous devez suivre chaque leçon comme elle vient et vous ne pouvez pas revoir les leçons précédentes. Il n’est pas toujours facile de demander des explications. Et personne ne va vous corriger des erreurs de prononciation ! Enfin, beaucoup d’applications se basent sur des thèmes/versions qui à la longue vous empêchent de penser en anglais. Or, pour parler couramment anglais vous devez arrêter de traduire en français le plus tôt possible !

3/ Les cours particuliers

Beaucoup de mes étudiants choisissent cette méthode parce qu’ils considèrent avoir « un blocage avec l’anglais. » Malheureusement ils ont eu de mauvaises expériences à l’école qui les ont découragés, voire traumatisés. Résultat, ils ont de bonnes connaissances mais ils n’osent pas parler anglais. Les cours particuliers sont la meilleure méthode pour être en confiance et arriver à se lancer ! J’ai déjà vu beaucoup de mes étudiants surmonter leur crainte ou leur timidité – c’est toujours très satisfaisant !

Je propose des cours personnalisés, c’est-à-dire que j’adapte le contenu des cours à vos besoins et la progression pédagogique à votre rythme. Sans complexe, je vous proposerai de la grammaire, mais de façon ludique et basée sur une méthode britannique. Paradoxalement, les Anglais ne font pas de grammaire en classe, mais ils savent très bien l’expliquer aux étrangers ! Je tire également profit de mon expérience en Angleterre pour rendre l’apprentissage vivant et ancré dans le réel. Le but est bien de vous permettre de communiquer en anglais, pas seulement de connaître la langue.

Mes cours sont en visio car grâce à la caméra c’est comme si nous étions dans la même pièce, mais sans avoir besoin de masque ni de distanciation physique ! Je peux facilement vous envoyer du contenu visuel ou audio et mes horaires sont aussi plus souples. Je vous propose des exercices d’application entre les cours, mais rien n’est obligatoire : nous ne sommes plus à l’école ! Et je suis disponible si vous avez des questions ou des suggestions.

Enfin, je propose un premier cours gratuit, sans engagement et vous ne signez pas de contrat. Donc vous pouvez déplacer un cours ou décider d’arrêter la formation quand vous le souhaitez. 

J’espère que cela vous aura aidé à choisir la méthode la plus appropriée pour votre apprentissage de l’anglais. Vous avez la motivation, c’est déjà un bon début. Si vous vous fixez des objectifs réalistes et que vous êtes déterminé(e) à avancer, vous obtiendrez bientôt de bons résultats !

anglais motivation

Le franglais, vous likez ?

Le franglais est partout en France

Depuis mon retour en France en 2016, je n’ai pu ignorer le franglais présent au quotidien, comme sur cette publicité pour pâte à tartiner ! D’abord surprise, je me suis évidemment intéressée à ce phénomène linguistique. Il n’est pas nouveau, certes, mais il a évolué et a pris une ampleur non négligeable. Aurait-il au moins l’avantage d’aider à l’apprentissage de l’anglais ?

Dans les années 80 et 90

Le walkman de SonyL’emprunt de mots anglais ne date pas d’aujourd’hui. Quand j’étais plus jeune on écoutait (déjà) de la musique anglo-saxonne et on regardait (parfois) des films en VO. En 1979 le « walkman » est arrivé en France, rebaptisé « baladeur » en 1983 (aujourd’hui remplacé par le lecteur MP3). Je me souviens aussi du mot « look« , utilisé dans cette chanson de 1984 qui a ensuite donné « relooker » ! Dans les années 90, le franglais était surtout perçu comme le jargon de certaines professions, comme en témoigne le sketch Les publicitaires des Inconnus de 1993. 

Le droit au français, 1994

La Loi Toubon est donc apparue en 1994 dans le but de « protéger le patrimoine linguistique français et d’affirmer le français comme langue de travail, langue d’enseignement et de communication en France. » Pas toujours appliquée et souvent raillée (des facétieux l’avaient surnommée « loi Allgood »), cette loi était encore défendue en France en 2014. Le droit au français ne serait pas « un projet de défense contre l’anglais, mais plutôt celui d’une ouverture au plurilinguisme dans le monde. » Certains en reconnaissaient néanmoins les limites pour « endiguer la tendance croissante à employer des termes d’origine anglo-américaine ». 

Le franglais aujourd’hui

En effet, l’anglais s’est dans le langage des français. Voici quelques exemples relevés au quotidien : « j’ai perdu mes shoes » ; « oh, c’est trop cute ! » ; « t’es la best ! » ;  « on est restés focus » ou encore « on est une team ». Mais aussi dans les expressions comme « je suis plus excité que ever ! » ou « il était dead pauvre ». Parfois le terme est intégré dans la syntaxe française comme dans « j’ai chillé cet aprèm », « tu nextes ça et tu avances ! »; « c’est une killeuse » ; « c’est badant ! » ; « j’ai greed comme un singe » ; « il était full stuff, full armé ». Quant à « ça fait sens », ou « c’est inspirant« , ce sont des anglicismes et il y en beaucoup

Pas seulement à l’oral

Même si ces expressions font partie du langage courant, elles sont aussi utilisées à l’écrit. J’en ai trouvé en effet dans des magazines et des bandes-dessinées. Ainsi, le franglais fait partie du langage des générations Y et Z (nés entre 1980 et depuis 2000), mais aussi de tous ceux qui veulent communiquer ou s’identifier avec elles. Après tout, parler couramment anglais est devenu une priorité dans le recrutement en France, il n’est donc pas étonnant que cette langue ait une telle influence. Donc aujourd’hui on emploiera plutôt cheateur que « tricheur » et cute plutôt que « mignon » (d’ailleurs on m’a dit que « cute » est « encore plus mignon que mignon ») !

Le rôle des nouvelles technologies

Bien sûr le développement d’Internet a favorisé l’émergence d’un langage international de communication. Il y a (et ce n’est pas nouveau) des mots issus de l’innovation technologique, comme « tweeter » et « liker » associés aux réseaux sociaux . « Jouer une game » et « il m’a muté » viennent des jeux vidéos. L’anglais est une langue concise et efficace, devenue idéale pour notre culture influencée par les formules et les slogans. Ainsi, plutôt que de parler d’animateur en ligne ayant une chaîne Youtube, on dira évidemment « un youtubeur (ou une youtubeuse) ». De même sur Facebook, pour expliquer la connexion entre amis qui permet de suivre leur actualité personnelle, on dira « follower ». 

Dans tous les sens 

Pour reprendre l’expression de Béatrice Goulard de Montmirail dans le film Les Visiteurs (sorti en 1993), l’anglais « ça fait plus smart ». Ainsi depuis des décennies on a favorisé des mots qui ressemblent à l’anglais comme brainstorming et sponsoring, ou encore marketing (qui n’a d’ailleurs jamais pu être remplacé par mercatique).

Mais à l’inverse, dans la langue anglaise il y a eu aussi beaucoup d’emprunts au français, comme « cliché », « avant-garde », « faux pas » ou encore « je ne sais quoi » qui sont aujourd’hui dans le langage courant. Et les mots français sont très vendeurs, surtout dans la mode. Enfin n’oublions pas que le français emprunte aussi (certes dans une moindre mesure) à d’autres langues : kawaï ; émoji viennent du japonais, ciabatta  ou barrista viennent de l’italien, mais aussi roiboos de Afrikaan ou encore oolong du mandarin.

Effets pervers

On pourrait penser que le franglais aide à l’apprentissage du vocabulaire anglais. Ainsi « cloud » c’est le nuage informatique, « windows », le logiciel aux multiples fenêtres ou encore « kite », le cerf-volant qui a inspiré le kitesurf. Mais attention : en fait certains mots n’existent pas en anglais ! En effet parking  se dit « car park », brushing  se dit « blow dry » et pressing se dit « dry cleaner.  De plus, les mots ont souvent pris une mauvaise orthographe, comme « rosbif » pour roast beef ou « la loose », qui devrait en fait s’écrire « lose » (du verbe perdre) car « loose » veut dire en fait « relâché, libéré ». D’ailleurs ça se prononce avec un « s ». Justement, les mots « thug life », « shocked » ou « pumped up » sont souvent prononcés « à la française » et ne seraient sûrement pas compris par des Anglophones !  Pire encore, certaines expressions s’éloignent de l’original. Par exemple, dans « elle est en crush sur moi », le verbe être a remplacé le verbe avoir de « she has a crush on me ». Et l’expression « faire rage quitte » ou je ragequit » (du verbe « to rage-quit », abandonner sous l’effet de la colère), n’aidera pas à connaître l’autre sens du verbe to quit, démissionner . Enfin, l’expression je suis plus excité que ever a conservé une construction française qui ne permet en aucun cas d’apprendre le comparatif anglais more than. Pour conclure, je constate que le franglais n’encourage ni à apprendre du vocabulaire, ni à bien prononcer les mots et encore moins à bien construire des phrases en anglais.

Artificiel

Au fait, connaissez-vous le spanglish (ou espanglish) ? C’est la langue des enfants d’immigrés hispanophones aux Etats-Unis et elle est utilisée dans les médias, dans les livres aussi bien que dans la rue. Elle correspond à une réalité socio-linguistique. Et même si elle a longtemps été méprisée, on lui reconnait aujourd’hui un rôle identitaire pour toute une population biculturelle. Par contraste, si de nos jours le franglais a également un rôle identitaire comme le verlan à son époque, il n’en demeure pas moins artificiel. De toute évidence, il n’est pas l’expression d’une véritable identité sociale en France.

Des influenceurs qui aiment le français

Les artistes Big Flo et Oli et SqueezieLes rappeurs Bigflo et Oli et le  youtubeur Squeezie, ont écrit la chanson freestyle du dico avec Alain Rey, du dictionnaire Robert, en intégrant des mots savants dans leurs paroles : « Mon flow est en feu/ j’suis plus chaud qu’un cubilot/ Monte le son dans le casque, écoute nos histoires/Les MC pètent un câble épissoir /Prends tes places, viens voir le spectacle/Tu vas kiffer jusqu’à la fin quitte à mourir d’une épectase ». Le rappeur Stromae lui non plus, n’a aucun scrupule à chanter en français : « Tu étais formidable/ j’étais fort minable »,  » Dites-moi d’où il vient/ Enfin je saurai où je vais/ Maman dit que lorsqu’on cherche bien/On finit toujours par trouver. Et voici des paroles du chanteur Soprano : « tu es ma secrétaire/ tu gères mon organisation /Tu allèges mes neurones grâce à tes notifications/ Plus besoin d’aller voir la famille vu que tu me les follow/ Pour leur prouver que je les aiment, je n’ai qu’à liker leur photos ». Enfin Black M se permet même quelques allitérations dans « Sur ma route, y’a eu un tas d’bouchons/ La vérité, j’ai souvent trébuché/ Est-ce que tu sais que quand tu touches le fond/Il y a peu de gens chez qui tu peux te réfugier? » Il est clair que dans leurs chansons, ces artistes français reflètent le langage d’aujourd’hui certes, mais ils montrent aussi un fort attachement à  la langue française.

En conclusion

Oui, c’est sûr aujourd’hui on peut entendre les jeunes dire : « j’tai pranké », « je me suis fait bait » ou encore « Oh le move ! » Mais pour être honnête, ils utilisent aussi les termes « abruti », « flibustier » ou encore « saperlipopette » ! Autrement dit,  la langue française évolue au fil du temps, mais elle est robuste et n’est pas du tout en train de disparaître. Dans ce contexte, le franglais n’est donc pas une menace. Ce langage à la mode est surprenant peut-être, agaçant sûrement, mais ce qui est le plus désolant, c’est qu’il n’aide pas non plus à apprendre la langue de Shakespeare.

Covid-19 : Enseigner en distanciel

Cours de langues en visio-conférence

Suite à la pandémie mondiale de la Covid-19 et en particulier pendant les mois de confinement en France (du 14 mars au 10 mai 2020) j’ai dû modifier mon activité.

Mon expérience professionnelle

Jusqu’à présent l’essentiel de mon activité était en présentiel (à domicile ou sur le lieu de travail de l’apprenant), mais j’avais déjà 2 étudiants en distanciel. Je savais donc non seulement que c’était possible, mais aussi comment le mener à bien avec succès. En 2015 en Angleterre j’avais commencé à donner des cours particulier de FLE en face à face. Après mon déménagement dans le Morbihan, nous avions continué les cours en visio-conférence sans aucun problème.

En effet, grâce à la caméra, les contact visuel et humain sont bel et bien maintenus. Comme sur un tableau blanc je peux aussi envoyer des messages en continu pour apporter un support écrit, par exemple pour le nouveau vocabulaire. Et grâce à la plateforme en ligne, je peux aussi partager des vidéos, des images ou des fichiers audio.

Pendant le confinement

Le plus important a été de maintenir une bonne relation de travail avec les étudiants qui étaient habitués aux cours en présentiel. Dans l’ensemble cela a bien fonctionné de part et d’autre. Une étudiante avait beaucoup d’appréhension au début à communiquer sur ordinateur. Mais nous avons persévéré pendant plusieurs semaines et finalement, elle a changé d’ordinateur pour en améliorer les performances et elle préfère continuer les cours en ligne !

J’ai également acquis de nouveaux élèves, uniquement en distanciel. L’un d’entre eux avait besoin de soutien en anglais et il a été admis en 2nde Section Européenne ! Nous ne nous sommes jamais vus « en vrai » mais cela n’a manifestement pas affecté la qualité de l’enseignement qu’il a reçu.

Les avantages du distanciel

Les cours en visio-conférence évitent le port du masqueDans le contexte d’une pandémie, le premier avantage bien sûr c’est la sécurité ! De plus, grâce à la caméra, l’apprenant peut observer ma bouche non-masquée, pour mieux comprendre quand je ne parle pas français. Le cours se déroule donc comme si j’étais à côté. Je vois facilement quand mon interlocuteur ne comprend pas ou s’il perd sa concentration et je peux tout de suite intervenir. Cela permet également d’avoir des horaires plus souples, et de gagner du temps.

Et les inconvénients ?

Hélas nul n’est à l’abris d’un problème technique : connexion internet trop lente, panne de batterie, coupure d’électricité intempestive ou problème de logiciel. Cependant, avec un peu de patience et de compréhension mutuelle, tout ceci est très surmontable ! Je dirais même que cela en vaut la peine, si j’en crois mon expérience récente.

Quand le distanciel est impossible

Parfois l’apprenant a une véritable aversion des écrans ou n’arrive pas à se concentrer suffisamment devant l’ordinateur. De plus, même si la couverture s’étend, il y a encore des zones blanches (sans connexion internet) en France. Dans ce cas, j’ai proposé des révisions sous formes d’exercices à faire chez soi, avec une correction régulière et des explications envoyées par mail. Mais ce n’est qu’une solution à court terme.

Pour une étudiante particulièrement motivée, j’ai aussi assuré des cours uniquement par téléphone pour la préparation très ciblée d’un examen d’anglais. Elle avait multiplié sa note par 2, ce qui est un résultat fantastique !

La rentrée 2020

Aujourd’hui en raison de la circulation active du virus, le port du masque est obligatoire dans les lieux clos ou confinés.  En accord avec les recommandations du gouvernement, j’ai poursuivi les cours en ligne avec ceux qui le souhaitaient.

Cependant, j’ai aussi donné plusieurs cours en présentiel, avec un masque et en gardant les distances physiques, jusqu’au reconfinement après les vacances de la Toussaint.

Je continue dorénavant à donner des cours en visio-conférence, jusqu’à nouvel ordre. Je suis encouragée du fait que pour mes élèves, « cela n’impacte pas la pertinence et la qualité de la formation. « 

 

 

La grammaire, est-ce-bien nécessaire ?

On me demande parfois (avec une légère inquiétude !) si je propose de la grammaire dans mes cours. En effet, si comme moi vous avez été éduqué(e) en France, vous avez peut-être des souvenirs d’analyses de phrases interminables, sans vraiment d’intérêt. Pour apprendre une langue étrangère, ce qui est important c’est surtout le vocabulaire, non ?

Apprendre comment se disent tels et tels mots, sans savoir comment les assembler et construire une phrase, cela limitera votre communication à : « bread, please » ou « vino, por favor » au restaurant par exemple. Parler ainsi quand on est un touriste, c’est acceptable. Mais si vous avez besoin de vendre à un client ou de commander chez un fournisseur étranger ? Dès que vous devrez séjourner en dehors de l’Hexagone, il faudra tôt ou tard apprendre à dire plutôt « Could I have some bread please? » ou encore « ¿podría darme este vino por favor?« 

© Philippe Geluck

La grammaire c’est d’abord « des règles à suivre pour parler et écrire correctement« . Il peut donc y avoir comme en français une différence entre ce que l’on devrait dire et ce qui se dit couramment. Mais à quoi servent de telles règles si on arrive à s’exprimer et à se faire comprendre parfois sans les appliquer ? Pour citer Aristote : « qui peut le plus, peut le moins ». Par exemple, tous les francophones comprennent l’expression « ch’sé pas » comme « je ne sais pas », base de notre compréhension commune. Ainsi, quand vous apprenez une langue étrangère, il faut d’abord apprendre la formule la plus correcte. Ensuite vous pourrez apprendre les variantes qui vous aideront dans la vie courante.

Par conséquent, la grammaire, c’est aussi « l’ensemble des structures linguistiques propres à telle ou telle langue, la description de ces structures et du fonctionnement de cette langue. » Et quand on apprend une langue étrangère, elle permet de bien comprendre et utiliser :

  • L’ordre des mots dans la phrase : par exemple « he’s a deeply loving human being » (sucession d’adjectifs) est différent de « he’s loving deeply a human being » (sujet, verbe, complément). De plus, les mots en anglais se trouvent souvent dans l’ordre inverse du français. Par exemple, « That’s Peter’s big blue ball », se traduit par « c’est le grand ballon bleu de Pierre. »
  • La fonction des mots dans une phrase. Par exemple, dans « Julie’s children are nice », le ‘s indique la possession, alors que dans la phrase « Julie’s nice with her children », c’est le verbe être. En fait, même l’apostrophe peut faire toute la différence en anglais, quand on écrit « the milk is in its container » (possessif neutre) plutôt que « it’s the milk container » ! (traduction de « c’est »)
  • L‘orthographe des mots. Par exemple, si vous dites en espagnol : « le dejo » c’est très différent de « le dejó ». Dans le premier cas, la personne est en train de quitter quelqu’un, dans le second, le même fait est raconté par une tierce personne. Ou encore, si vous dites « Es blanca esta perra », esta est un adjectif démonstratif. Dans « la perra está despierta », c’est le verbe être. Enfin dans « ésta es mi perra, » c’est un pronom démonstratif !

Alors, si la grammaire est bien nécessaire, voici quelques conseils pour en tirer profit au maximum :

  • Revoir le « jargon » pour différencier un nom d’un verbe, un adjectif d’un adverbe, une préposition d’un adjectif possessif etc…
  • Si possible, apprendre des règles expliquées dans la langue étrangère et pas par des francophones. C’est souvent plus clair, plus précis et plus exhaustif !
  • Pour les conjugaisons, toujours revenir à l’infinitif du verbe (sa forme non conjuguée) et connaître son groupe.
  • Comprendre la valeur de chaque temps pour savoir quand utiliser les utiliser.
  • Apprendre des formules par cœur quand c’est différent du français. Par exemple : when he comes ou I wish I were here ou encore cómo si fuera, para que viniera et cuando venga pour l’emploi du subjonctif.
  • Etablir son propre système d’apprentissage, qui a du sens et permet aussi de s’amuser tout en apprenant ! C’est fondamental pour continuer à progresser.
  • Enfin, ne pas oublier de mettre en pratique les règles que l’on apprend. Par des exercices, mais ensuite en expression libre. Imaginer un dialogue ou écrire un mail par exemple. Juste quelques phrases suffisent.

Pour conclure, apprendre une langue étrangère se réduit-il alors à connaître des règles de grammaire ?! Non bien sûr ! Pour parler, il faut aussi savoir utiliser un mot à bon escient et le prononcer correctement. Ensuite il y a les expressions idiomatiques, le ton et l’humour… On n’a jamais fini ! Et doit-on apprendre toutes les règles grammaticales pour bien parler une langue ? Encore non ! Les nourrissons apprennent bien par imitation, sans pour autant connaître de règle ! Le français est ma langue maternelle, mais je ne connais pas toutes les règles grammaticales. Mais, grâce à mon éducation scolaire, j’ai appris à les comprendre et à les utiliser pour mieux communiquer.

Dans l’apprentissage d’une langue étrangère, c’est le processus inverse : la grammaire est un fondement et un cadre sur lequel on peut s’appuyer pour progresser. Peu à peu, les règles sont intériorisées pour arriver à parler couramment. Comme le dit si bien Stephen King (ci-dessous) : « La grammaire n’est pas juste une emmerdeuse, c’est une cane que l’on attrape pour mettre ses pensées sur pied et les faire marcher. » (traduction personnelle !)

Et quand ça bloque ?!

Des études scientifiques indiquent que, lors de tout apprentissage, nous demandons à notre cerveau d’effectuer les tâches différemment, en modifiant les connections entre nos neurones. Quand on apprend une langue étrangère, il s’agit d’arriver à communiquer et à penser à l’aide de mots différents de ceux de notre langue maternelle. C’est un chemin qui peut être parsemé d’embûches : manque de temps pour pratiquer la langue, oubli de vocabulaire, ou encore problèmes de prononciation qui finissent par donner l’impression de tourner en rond et de ne plus progresser.

Ces péripéties sont parfaitement naturelles, puisque l’apprentissage de la langue se fait par paliers : en effet mettre en pratique une nouvelle règle grammaticale dans un exercice est assez simple et rapide, mais pour pouvoir l’appliquer de façon systématique à l’oral, comme à l’écrit ce n’est pas si simple. L’important est de ne pas se décourager ! Avec le temps et une pratique régulière, certains automatismes vont se mettre en place pour améliorer à la fois la compréhension et la communication en langue étrangère.

Parfois cependant, il y a des obstacles plus tenaces qui peuvent empêcher d’avancer :

  • la frustration et l’impatience : aujourd’hui tout va très vite et, surtout quand les besoins sont réels et pressants, on aimerait apprendre « tout, tout de suite ». Or, malgré tout ce que la technologie propose aujourd’hui, pour parler une langue il ne suffit pas seulement d’apprendre quelques phrases par cœur, ni de traduire les mots à l’aide d’un moteur de recherches ! S’imaginer de pouvoir parler couramment une langue en quelques semaines ne peut qu’engendrer de la frustration, voire du découragement. Au contraire, être réaliste c’est se donner les moyens d’apprendre sereinement et dans la durée. C’est une bonne idée de mettre en pratique dans la semaine ce qu’on a appris pendant le cours. Pour intégrer de l’anglais et/ou de l’espagnol dans votre quotidien, vous pouvez trouver des idées ici
  • une perte de contrôle : il faut le reconnaître, quand on réussit dans la vie active, que l’on est à l’aise dans sa profession, parfois même dans le management, ce n’est pas toujours facile de se retrouver « comme à l’école » et de se laisser guider et corriger ! Ce n’est certes pas un sentiment agréable, mais dans le cadre d’une relation de confiance il est plus facile d’accepter de « perdre pied » momentanément. Après tout, cette situation quelque peu inconfortable demeure limitée au déroulement des cours, pendant lesquels la confidentialité est bien entendu de rigueur.
  • la peur de se tromper : C’est vrai, personne n’aime faire des erreurs, mais dans une situation d’apprentissage, se tromper c’est essentiel ! D’abord, c’est un bon moyen de vérifier ce que vous n’avez pas (encore) compris, et en vous corrigeant, vous vous donnez aussi une chance de progresser ! Il est donc essentiel de surmonter cette peur pour oser prendre la parole par exemple. Les jeux de rôles sont très utiles, par exemple pour les conversations au téléphone, pour réserver un hôtel ou négocier avec un client étranger. Du coup, ce sera beaucoup plus facile quand vous vous trouverez dans ces situations.
  • la honte de ne pas réussir du premier coup : encore une fois, surtout dans notre société ultra-compétitive, il est légitime de vouloir s’assurer qu’on a la bonne réponse avant de se lancer. Cependant, dans la mesure où, comme nous venons de l’expliquer, se tromper fait partie intégrante de l’apprentissage, une certaine dose d’humilité est nécessaire. L’important, c’est d’essayer et d’accepter d’être corrigé si nécessaire. Même si l’on est touché dans son amour propre, c’est ainsi que l’on apprend et que l’on progresse.
  • les paroles négatives : qu’elles proviennent de son entourage ou d’un ancien professeur par exemple, les paroles de moquerie, d’humiliation ou de découragement peuvent engendrer du stress et parfois une incapacité à communiquer. Si vous avez souffert pendant votre enfance ou dans une autre situation particulière, prenez le temps d’en parler. Certaines émotions sont tenaces et peuvent être ravivées soudainement. Cependant sachez prendre du recul car vous n’êtes plus aujourd’hui dans cette situation et vous pouvez surmonter les émotions qu’elle a généré. Evidemment il est préférable d’apprendre dans un environnement calme, où patience et respect mutuel sont de mise.
  • le blocage mental se traduit généralement par une incapacité à comprendre et à mémoriser : peu importe les explications et encouragements, on ne peut plus progresser. Cela peut apparaître momentanément, en cas de surmenage ou de situation de stress prolongé par exemple, auquel cas il vaut mieux faire une pause, pour reprendre l’apprentissage ultérieurement. Si le blocage mental persiste, il est utile d’essayer d’en comprendre la cause pour y remédier. Il s’agit le plus souvent d’une forte perte de confiance en soi, occasionnée par un traumatisme. Celui-ci peut être plus ou moins conscient. Dans ce cas, il s’agit d’être indulgent avec soi-même plutôt que de forcer. Privilégier alors des activités plus ludiques et surtout se relaxer et même s’ amuser à apprendre ! Egalement ralentir le rythme et se fixer des objectifs réalistes permettront de mieux progresser, en évitant de se mettre sous pression.

J’ai observé plusieurs de ces blocages au cours de mon expérience d’enseignement des langues et je les comprends d’autant plus que je les ai aussi expérimenté moi-même, en particulier lors de mes séjours à l’étranger. Ne plus arriver à comprendre ni à s’exprimer est une situation stressante, voire humiliante : on peut se sentir démuni et désemparé. Heureusement, dans la plupart des cas on se sent juste un peu ridicule sur le moment, mais c’est souvent sans conséquence grave. Avec patience et humour (et un peu d’aide peut-être?) on peut surmonter ces obstacles et continuer à avancer, sans se décourager.

Imagerie des connections du cerveau
Imagerie des connections du cerveau – Source : Penn Medecine – National Institute of Mental Health

La prononciation, c’est important ?

La prononciation, c’est la manière dont les sons du langage sont articulés. Dans le cadre de l’apprentissage d’une langue étrangère, cela peut être un exercice ludique et agréable, mais aussi compliqué et souvent redouté !  Alors, arriver à reproduire fidèlement les sons d’une langue, c’est important ?

Une anecdote

Lors de ma première visite au Royaume-Uni en vacances dans le Dorset, nous cherchions le camping de Wareham.  A l’époque, c’était mon père qui essayait de communiquer en demandant aux passants « où est le camping de « Wa-ré-am » ? » mais personne ne le comprenait ! Après avoir tourné en rond pendant de longues minutes, mon père a décidé de montrer l’endroit sur la carte. Un passant s’est exclamé : « Ah! Le camping de « Wèh-roum », c’est par là ! » Je n’ai jamais oublié cette anecdote : mal prononcer un mot peut en effet empêcher de se faire comprendre, avec toutes les conséquences que cela implique.

Alors oui, la prononciation c’est important ! Quelques exemples : en espagnol, si on prononce mal la consonne « r », on peut dire « mais » (pero) au lieu de dire « chien » (perro) !! Et en anglais, si on prononce mal le son [ i ], on parlera d’un navire (ship), plutôt que d’un mouton (sheep). D’ailleurs en français, prononcer un « ou » comme un « u » peut aussi nous jouer des tours, si l’on parle de « beaucoup » par exemple !

La phonétique

Donc, c’est important, mais comment s’y prendre ? Tout d’abord, il peut être utile de se familiariser avec l’alphabet phonétique, qui permet de différencier les sons, comme ici ceux du français :

En espagnol, ce sont surtout les consonnes qui sont difficiles à prononcer pour des francophones, comme le fameux « erre » qui se prononce en roulant la langue contre les dents du haut (et pas dans la gorge, comme en français) ou la « zeta » qui se prononce comme le « th » anglais, en plaçant la langue à plat contre les dents du haut. En anglais, ce sont plutôt les voyelles qui nous donnent du fil à retordre ! Surtout parce que les mêmes groupes de lettres (ou graphies) ne se prononcent pas de la même façon selon le mot. Par exemple : dans « enough », la graphie « ough » se prononce /ʌf /, alors que dans « although », ça se prononce //. De même, la graphie « ow » se prononce /əʊ/ comme dans « low », mais se prononcera /aʊ/ dans les mots « power », « flower » ou « tower ».

Ensuite, ce qui peut surprendre aussi les francophones, c’est l’accent tonique, qui permet de mettre en relief certaines syllabes. En français, on met toujours l’accent sur la dernière syllabe. Par contre, en espagnol, certains mots sont accentués sur l’avant-dernière syllabe comme « amigo » ou « puente », ou même sur l’avant-avant-dernière syllabe, comme dans « jaro » ou « magnífico » (d’où la présence d’un accent écrit sur les voyelles). En anglais, on observe le même phénomène, même s’il n’y a pas d’accent écrit. Par exemple « strawberry » se prononcera /ˈstrɔːb(ə)ri/ avec l’accent sur le « aw » et « comfortable » se prononcera /ˈkʌmftəb(ə)l/, avec l’accent sur le « om ».

Comment s’entraîner

Je suis d’accord que la phonétique par écrit, ce n’est pas idéal ! Alors, comment faire pour s’entraîner ? Vous avez peut-être déjà utilisé des laboratoires de langues pour bien écouter et répéter correctement ? Aujourd’hui, grâce à Internet il y a pleins de solutions gratuites : on peut écouter la prononciation des mots , par exemple  « power » sur le site du Cambridge Dictionary et « pájaro » sur le site Forvo . Pour ceux qui le souhaitent, je recommande aussi l’introduction aux sons de la langue anglaise du site BBC Learning English, qui est très complet. Vous trouverez aussi des vidéos avec scripts sur leur chaîne Youtube. Et pour voir des vidéos en espagnol, il y a par exemple la chaîne d’ El PaísSinon, pour exercer son oreille, regarder un film en VO (de préférence sous-titré dans la langue d’origine) est un très bon exercice. Pensez-y !

Les accents régionaux

Enfin, avant de terminer je ne voudrais pas oublier de parler d’un autre accent, celui défini comme l’ « ensemble de traits articulatoires (prononciation, intonation, etc.), propres aux membres d’une communauté linguistique (pays, région), d’un groupe ou d’un milieu social. » Ce sujet pourrait faire à lui seul l’objet d’un autre article, mais pour conclure, il faut reconnaître que les accents régionaux font partie de la langue d’un pays, qu’on le veuille ou non. Le sketch du comédien britannique Michael Mcintyre décrit avec humour quelques-uns des accents de l’anglais parlé dans le monde ! Le journal El País quant à lui a publié un jeu en ligne pour faire découvrir Los acentos del español. Même si souvent ces accents représentent une barrière à la compréhension pour un apprenant, il est possible de s’y habituer ! On peut aussi les apprendre naturellement, en fonction de son lieu d’habitation (en Ecosse ou Andalousie, par exemple).

Sans complexe

Mais surtout, restons positif ! Il est bien sûr possible de parler couramment une langue, tout en gardant un accent ! Plus ou moins prononcé, c’est ce qui va « trahir » votre pays d’origine. Mais ce qui compte, c’est de se faire comprendre. Emmanuel Macron parle sans traducteur à la BBC ou sur CNN par exemple, mais il ne peut pas cacher son origine. Cependant, qu’il soit authentique ou forcé, un accent peut devenir un atout ! C’est le cas d’Arsène Wenger , l’entraîneur mythique d’Arsenal, pour qui l’accent français est devenu une marque de fabrique. L’acteur espagnol Antonio Banderas qui a fait carrière aux Etats-Unis, a su lui aussi utiliser son accent à son avantage. En conclusion, que l’on ait un accent ou pas, ce qui compte c’est de s’exprimer sans complexe comme ce journaliste français s’adressant au président des Etats-Unis : Dear Donald Trump, don’t mess with French wine!

Whatever you do, keep speaking!

No importa lo que hagas, ¡siga hablando!

Et l’humour dans tout ça ?

Le comique universel existe, comme Charlot ou Mr Bean pour ne citer qu’eux, mais il est vrai que l’humour est probablement ce qu’il a de plus difficile à comprendre dans une langue étrangère.

Pas facile à comprendre

Je me souviens de ma frustration à Madrid quand mes amis espagnols me racontaient une blague : je comprenais tous les mots sauf la chute, qui souvent contient des jeux de mots ou les fameuses expressions idiomatiques ! Et j’ai eu aussi des déboires avec mes amis anglais : combien de fois j’ai pris la mouche sans  comprendre leur fameux humour « pince sans rire » ! C’est vrai qu’en tant qu’apprenant, comprendre l’ironie ou encore le sarcasme en langue étrangère peut s’apparenter à un cauchemar, surtout en début d’apprentissage ! Je peux aussi comprends que l’on cherche à éviter à tout prix les malentendus et le ridicule, voire la honte qu’ils peuvent procurer.  Pourtant il faut avouer que ces sentiments inconfortables font malheureusement partie de l’apprentissage. En effet, apprendre une autre langue demande de la patience et de l’humilité, mais aussi… justement une bonne dose d’humour pour ne pas se décourager et abandonner trop vite !

Mais ça en vaut la peine

En fait, comprendre un comédien étranger et saisir son sens de l’humour a plusieurs avantages : tout d’abord au niveau purement linguistique : cela vous oblige à comprendre non seulement le vocabulaire, mais aussi les subtilités du langage comme l’intonation, les accents, les jeux de mots et autres contresens… c’est une vraie mine d’or et un très bon outil pour progresser !!!!

De plus, c’est souvent par les natifs que l’on découvre tel ou tel talent, donc tout de suite c’est une porte ouverte sur la culture du pays. Cela nous permet en effet de comprendre de qui le ou les humoriste(s) se moque(nt) (d’un accent, d’une région particulière ou d’un certain groupe dans la société ou alors de la nation toute entière !) et ce qui fait rire : une imitation, un déguisement, une parodie ou des jeux gestuels…

Personnellement j’ai remarqué que quand j’ai (enfin) réussi à comprendre l’humour espagnol d’abord, puis l’humour anglais, cela m’a procuré une grande satisfaction, mais aussi l’impression d’être mieux intégrée, de « faire partie de la bande » et de ne plus être autant étrangère. Bien sûr, c’était particulier pour moi puisque j’avais fait le choix d’abord de vivre à Madrid, puis d’épouser un britannique et de m’installer à Swindon. Mais je suis convaincue que pour tout apprenant, comprendre la culture d’un pays en plus de sa langue ne peut être que bénéfique et un vrai enrichissement !!!

Regarder des vidéos

C’est pourquoi je vous encourage à regarder des comiques étrangers et à essayer de les comprendre. Aujourd’hui, avec Youtube notamment, c’est très simple et on peut même rajouter des sous-titres ! A ce sujet, juste quelques conseils : attention aux « sous-titres générés automatiquement » qui peuvent devenir confus si la personne parle vite ou avec un fort accent (ce qui peut arriver dans un sketch !). Dans ce cas, il vaudra mieux interrompre la vidéo et la ré-écouter plusieurs fois. Pour certains sketchs devenus « classiques », il est parfois possible de trouver le script sur internet, ce qui vous permettra de le lire en même temps que la vidéo. L’idéal, c’est aussi de pouvoir demander de l’aide à un natif, qui saura mieux que personne vous expliquer le contexte, les jeux de mots, les références culturelles etc. Mais si ce n’est pas possible, encore une fois pour les sketchs connus, on pourra trouver des analyses (en langue étrangère) sur la toile.

Justement, j’ai posté des vidéos sur ma page Facebook de comédiens anglais et espagnols : allez vite les découvrir pour vous entraîner !

Sans oublier la radio

Je ne voudrais pas terminer sans évoquer la comédie radiophonique, que je connais et apprécie surtout en anglais. Mon mari est un vrai fan et il m’a fait découvrir entre autres le talent de John Finnemore, Benedict Cumberbatch, Stephanie Cole et Roger Allam dans la série « Cabin Pressure » que vous pouvez écouter sur le site de la BBC. Cela demande encore plus de concentration que les vidéos et vous aurez sans doute besoin (comme moi) de plusieurs écoutes pour tout comprendre, mais croyez-moi, ça en vaut la chandelle !!!

Bons éclats de rire et à bientôt !

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Ne plus traduire !

Le titre peut surprendre. Après tout, quand on apprend une langue, on commence toujours par apprendre du vocabulaire et sa traduction dans la langue d’origine, non ?

Traduire, ça fatigue

C’est vrai que cette étape est nécessaire en début d’apprentissage, mais dès que possible il est important d’apprendre les mots étrangers dans leur contexte, sans essayer de les traduire dans notre langue maternelle. En effet, la traduction est une compétence spécifique (même si aujourd’hui avec les sites de traduction automatisés cette compétence est fortement dévaluée) qui est certes très utile, mais pas quand vous apprenez une autre langue ! Continuer de vouloir traduire chaque mot dans votre langue maternelle ne fera que fatiguer votre cerveau et ralentir votre communication.

Comme à la piscine

J’observe une réticence chez mes étudiants quand je les encourage à ne plus traduire. J’utilise l’image d’une piscine : imaginez que vous souhaitiez apprendre à nager, mais malgré tous les encouragements de votre moniteur, vous vous agrippiez au rebord en refusant de lâcher ! L’objectif pourtant est bien de lâcher pour essayer de comprendre les mots étrangers dans leurs contexte, au risque de ne pas toujours avoir l’exact équivalent dans votre langue maternelle.

Apprendre directement

Quand j’ai commencé à le faire, ça a vraiment accéléré ma capacité à comprendre l’anglais et aussi à m’exprimer correctement ! Je me souviens d’avoir entendu le prétérit du verbe « to fly » pour la première fois dans le film « Chicken Run » quelques semaines après mon arrivée en Angleterre, ou encore l’expression « not yet » dans le film « Gladiator ». Et ça ne s’est pas arrêté là. Grâce à mes lectures, à la radio, à la télévision j’ai appris de nombreuses expressions directement en anglais (et en espagnol), sans avoir à les traduire mentalement en français. Cela m’a aussi permis de lire en langue étrangère sans avoir recours au dictionnaire tous les 10 mots. Parce qu’en fait, dans la vie de tous les jours on n’a pas nécessairement besoin de comprendre tous les mots. Sauf évidemment pour les situations où un contresens pourrait avoir de graves conséquences, comme à un entretien d’embauche ou au moment de signer un contrat et dans ce cas, il ne faut pas hésiter à poser des questions ou encore demander de l’aider à un natif.

Problèmes de traduction

Pourtant il y a des mots pour lesquels je connais la traduction exacte et je recommande de le faire en particulier pour les « faux amis », ces mots qui ressemblent beaucoup aux mots français mais n’ont pas du tout le même sens. Par exemple, j’aime bien me souvenir que le verbe « to propose » (tout seul) veut dire « faire sa demande en mariage », donc j’évite de l’utiliser dans le sens de « proposer quelque chose ». Et puis, il y a des mots difficiles à traduire en français : par exemple « feature », « accountability » ou encore « serendipity ». Quel avantage de pouvoir les comprendre sans passer par le français ! Après tout, c’est aussi cela l’intérêt d’une langue étrangère : cela permet d’apprendre de nouveaux concepts ou une nouvelle façon de décrire la réalité, c’est très enrichissant (même si ça peut être déroutant, voire frustrant parfois…).

Un bon dictionnaire

Donc, dans cette optique pourquoi ne pas remplacer le dictionnaire bilingue par un dictionnaire monolingue pour s’entraîner à comprendre les définitions de chaque mot dans la langue étrangère ? On peut aussi trouver des définitions simplifiées pour commencer, comme ci-dessous. Il existe aussi l’application « Le mot du jour » (Word of the Day, Palabra del día) qui vous propose un mot et sa définition au quotidien. C’est un bon entraînement !

Aujourd’hui, je comprends environ 98% de l’anglais et de l’espagnol mais je ne m’inquiète plus des 2% qui restent, parce que grâce à eux, je sais que je vais continuer à apprendre…

Keep learning! ¡Sigue aprendiendo!

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… ou rester en France ?

Il faut bien le reconnaître, il est beaucoup plus facile aujourd’hui d’être en contact avec une langue étrangère. D’abord, c’est sans doute plus simple de partir à l’étranger, mais sur le câble, on peut voir les films en VO avec des sous-titres et grâce à Internet, on a accès à des tonnes d’articles en langues étrangères. Mais mieux encore il y a des vidéos en ligne et même des chaînes de télévision en direct ! Donc avec un peu de volonté et de discipline, on peut s’entraîner à comprendre la langue parlée par des natifs, et peaufiner son accent, tout en restant chez soi !

Des sites intéressants

Voici les sites internet que j’utilise au quotidien pour l’anglais et l’espagnol :

BBC Learning English : site très complet, de la prononciation aux journaux télévisés, en passant par des expressions, de la grammaire et même des mini-séries en vidéos, en fonction de votre niveau – le tout agrémenté d’humour « so British »! Je recommande absolument !

BBC News : les nouvelles en direct, des analyses, des articles et des vidéos… On ne présente plus la BBC ! Même si ça vous dépasse, n’hésitez pas à y aller de temps en temps ;

CNN : site d’information américain : des articles, des analyses, des vidéos, pour s’entraîner à comprendre avec l’accent ! Personnellement, j’apprécie davantage les articles écrits que les vidéos, mais c’est un très bon outil ;

Revista Habla : une revue numérique pour apprenants en espagnol – des articles, des cours de grammaire et des exercices, mais aussi des vidéos, des chansons… Il y a beaucoup à découvrir pour s’entraîner ;

BBC Mundo : rigueur et qualité de l’information adaptées au monde hispanophone (Espagne et Amérique Latine). Très utile et intéressant.

Et d’autres ressources

Sinon, vous avez aussi les chaînes Youtube : une fois abonné, on reçoit des vidéos régulièrement et souvent il est possible de les regarder avec les sous-titres ! Par exemple : les revues de presse de BBC News review, sont publiées chaque mardi : elles permettent d’apprendre du vocabulaire à travers les articles parus dans la presse et aussi de travailler sa compréhension orale.

Ensuite, pour tous les accros aux smartphones, vous pouvez aussi vous entraîner sur des applications, comme Duolingo (gratuit) ou Babbel (payant) par exemple*. Ça ne remplacera pas les contacts humains, mais c’est une bonne façon d’insérer un peu de langue étrangère dans votre journée, dès que vous avez un peu de temps. Il y a de la grammaire, des conversations et elles s’adaptent à votre niveau de départ et à votre progression.

Une autre idée, c’est de s’entraîner à comprendre les paroles des morceaux étrangers à la radio ! Vous pouvez aussi aller vérifier sur internet les messages de vos chanteurs préférés… et pourquoi pas les chanter ensuite ?!

Enfin, pour les gens pressés, CNN et la BBC ou encore El País proposent des emails quotidiens ou hebdomadaires qui résument l’info du jour ou de la semaine. C’est un excellent moyen de lire régulièrement en langue étrangère, tout en apportant aussi une ouverture sur la culture du pays et la possibilité d’avoir des infos en direct, sans attendre les médias français !

Vous voyez qu’il y a aujourd’hui beaucoup de solutions pour s’entraîner en dehors des cours et intégrer la langue étrangère dans son quotidien ! Ce qui compte, c’est d’être motivé et de trouver l’outil qui vous convient le mieux. Et plus c’est ludique, plus vous aurez plus envie de continuer.

Bringing People Together

Séjours linguistiques dans le Grand Ouest

Et si c’est un séjour en immersion anglaise qui vous intéresse, c’est possible sans même passer la frontière, grâce à Bringing People Together. Comme nous, des familles anglophones situées dans tout l’Ouest de la France vous accueillent chez elles pendant les vacances scolaires. Vous pouvez aussi prendre des cours, avec l’option « One to One ». Je précise que ces séjours sont ouverts à tous, sans limite d’âge.

* Voici un article qui note les principales applications pour apprendre l’anglais.