Et l’humour dans tout ça ?

Le comique universel existe, comme Charlot ou Mr Bean pour ne citer qu’eux, mais il est vrai que l’humour est probablement ce qu’il a de plus difficile à comprendre dans une langue étrangère.

Pas facile à comprendre

Je me souviens de ma frustration à Madrid quand mes amis espagnols me racontaient une blague : je comprenais tous les mots sauf la chute, qui souvent contient des jeux de mots ou les fameuses expressions idiomatiques ! Et j’ai eu aussi des déboires avec mes amis anglais : combien de fois j’ai pris la mouche sans  comprendre leur fameux humour « pince sans rire » ! C’est vrai qu’en tant qu’apprenant, comprendre l’ironie ou encore le sarcasme en langue étrangère peut s’apparenter à un cauchemar, surtout en début d’apprentissage ! Je peux aussi comprends que l’on cherche à éviter à tout prix les malentendus et le ridicule, voire la honte qu’ils peuvent procurer.  Pourtant il faut avouer que ces sentiments inconfortables font malheureusement partie de l’apprentissage. En effet, apprendre une autre langue demande de la patience et de l’humilité, mais aussi… justement une bonne dose d’humour pour ne pas se décourager et abandonner trop vite !

Mais ça en vaut la peine

En fait, comprendre un comédien étranger et saisir son sens de l’humour a plusieurs avantages : tout d’abord au niveau purement linguistique : cela vous oblige à comprendre non seulement le vocabulaire, mais aussi les subtilités du langage comme l’intonation, les accents, les jeux de mots et autres contresens… c’est une vraie mine d’or et un très bon outil pour progresser !!!!

De plus, c’est souvent par les natifs que l’on découvre tel ou tel talent, donc tout de suite c’est une porte ouverte sur la culture du pays. Cela nous permet en effet de comprendre de qui le ou les humoriste(s) se moque(nt) (d’un accent, d’une région particulière ou d’un certain groupe dans la société ou alors de la nation toute entière !) et ce qui fait rire : une imitation, un déguisement, une parodie ou des jeux gestuels…

Personnellement j’ai remarqué que quand j’ai (enfin) réussi à comprendre l’humour espagnol d’abord, puis l’humour anglais, cela m’a procuré une grande satisfaction, mais aussi l’impression d’être mieux intégrée, de « faire partie de la bande » et de ne plus être autant étrangère. Bien sûr, c’était particulier pour moi puisque j’avais fait le choix d’abord de vivre à Madrid, puis d’épouser un britannique et de m’installer à Swindon. Mais je suis convaincue que pour tout apprenant, comprendre la culture d’un pays en plus de sa langue ne peut être que bénéfique et un vrai enrichissement !!!

Regarder des vidéos

C’est pourquoi je vous encourage à regarder des comiques étrangers et à essayer de les comprendre. Aujourd’hui, avec Youtube notamment, c’est très simple et on peut même rajouter des sous-titres ! A ce sujet, juste quelques conseils : attention aux « sous-titres générés automatiquement » qui peuvent devenir confus si la personne parle vite ou avec un fort accent (ce qui peut arriver dans un sketch !). Dans ce cas, il vaudra mieux interrompre la vidéo et la ré-écouter plusieurs fois. Pour certains sketchs devenus « classiques », il est parfois possible de trouver le script sur internet, ce qui vous permettra de le lire en même temps que la vidéo. L’idéal, c’est aussi de pouvoir demander de l’aide à un natif, qui saura mieux que personne vous expliquer le contexte, les jeux de mots, les références culturelles etc. Mais si ce n’est pas possible, encore une fois pour les sketchs connus, on pourra trouver des analyses (en langue étrangère) sur la toile.

Justement, j’ai posté des vidéos sur ma page Facebook de comédiens anglais et espagnols : allez vite les découvrir pour vous entraîner !

Sans oublier la radio

Je ne voudrais pas terminer sans évoquer la comédie radiophonique, que je connais et apprécie surtout en anglais. Mon mari est un vrai fan et il m’a fait découvrir entre autres le talent de John Finnemore, Benedict Cumberbatch, Stephanie Cole et Roger Allam dans la série « Cabin Pressure » que vous pouvez écouter sur le site de la BBC. Cela demande encore plus de concentration que les vidéos et vous aurez sans doute besoin (comme moi) de plusieurs écoutes pour tout comprendre, mais croyez-moi, ça en vaut la chandelle !!!

Bons éclats de rire et à bientôt !

Résultat de recherche d'images pour "keep calm and laugh like crazy"

Résultat de recherche d'images pour "frases sobre el buen humor"

Aller à l’étranger…

Le parc du Retiro à Madrid, Espagne

Ici en France, tout le monde a l’air d’accord : pour vraiment apprendre une langue et la parler couramment, il vaut mieux aller vivre dans le pays.

Je serais plutôt mal placée pour dire le contraire : j’ai fait plusieurs séjours linguistiques en Angleterre, puis en Espagne avant d’aller m’y installer à plus long terme. Mais ce qui a vraiment fait une différence, c’était l’absence (ou presque) de contacts avec des français une fois sur place. Et ça, je dirais que c’était aussi important que de faire le déplacement !

Pas toujours facile

Une fois dans le pays, on se sent submergés : tous les mots, tous les sons nous assaillent et deviennent un défi. C’est fatigant :  à chaque échange, il faut faire des efforts et souvent, on n’est pas compris, alors il faut répéter, c’est humiliant et frustrant. Le pire c’était les groupes : plusieurs conversations en même temps impossible à suivre… On a vraiment envie d’abandonner…  Souvent au début, j’arrêtais d’essayer de comprendre et je me réfugiais dans ma bulle, laissant mon entourage devenir un doux brouhaha… Mais heureusement, petit à petit, lentement mais sûrement, le cerveau s’habitue et on finit par se débrouiller !

Comment s’améliorer

Pour progresser au quotidien, je regardais d’abord les jeux télévisés et les dessins animés pour travailler ma compréhension !  Mais c’est de rencontrer des natifs et leur parler régulièrement qui a été déterminant pour m’aider à progresser rapidement. Au bout de plusieurs mois j’ai pu commencer à écouter des émissions de radio et le téléphone ne me faisait plus aussi paniquer ! Et puis, grâce aux sous-titres, j’ai pu apprécier les films en version originale (et j’ai complètement abandonné la VF depuis !) Mais quand j’ai enfin réussi à prendre du plaisir à lire un roman en anglais ou en espagnol, sans m’arrêter tous les 3 mots pour regarder dans le dictionnaire, j’ai souri intérieurement de satisfaction !

Devenir bilingue

J’ai entendu dire que si on rêve et si on arrive à compter dans la langue étrangère, ça veut dire qu’on est pratiquement bilingue… En fait, ce n’était pas vraiment mon objectif car pour moi, apprendre une langue c’est comme un puits sans fond : on n’a jamais fini de découvrir de nouveaux mots, de nouvelles expressions, ou encore de nouvelles nuances… C’est ça la beauté d’une langue ! Comme on dit en anglais « it keeps you on your toes »(ça nous oblige à ne pas nous relâcher !) et du coup on n’a jamais fini d’apprendre !

Alors, autant le savoir dès le début et profiter du voyage plutôt que de penser seulement à la destination !

Une maison californienne

Enjoy the ride ! Bon voyage ! ¡Hasta la vista!