La grammaire, est-ce-bien nécessaire ?

On me demande parfois (avec une légère inquiétude !) si je propose de la grammaire dans mes cours. En effet, si comme moi vous avez été éduqué(e) en France, vous avez peut-être des souvenirs d’analyses de phrases interminables, sans vraiment d’intérêt. Pour apprendre une langue étrangère, ce qui est important c’est surtout le vocabulaire, non ?

Apprendre comment se disent tels et tels mots, sans savoir comment les assembler et construire une phrase, cela limitera votre communication à : « bread, please » ou « vino, por favor » au restaurant par exemple. Parler ainsi quand on est un touriste, c’est acceptable. Mais si vous avez besoin de vendre à un client ou de commander chez un fournisseur étranger ? Dès que vous devrez séjourner en dehors de l’Hexagone, il faudra tôt ou tard apprendre à dire plutôt « Could I have some bread please? » ou encore « ¿podría darme este vino por favor?« 

© Philippe Geluck

La grammaire c’est d’abord « des règles à suivre pour parler et écrire correctement« . Il peut donc y avoir comme en français une différence entre ce que l’on devrait dire et ce qui se dit couramment. Mais à quoi servent de telles règles si on arrive à s’exprimer et à se faire comprendre parfois sans les appliquer ? Pour citer Aristote : « qui peut le plus, peut le moins ». Par exemple, tous les francophones comprennent l’expression « ch’sé pas » comme « je ne sais pas », base de notre compréhension commune. Ainsi, quand vous apprenez une langue étrangère, il faut d’abord apprendre la formule la plus correcte. Ensuite vous pourrez apprendre les variantes qui vous aideront dans la vie courante.

Par conséquent, la grammaire, c’est aussi « l’ensemble des structures linguistiques propres à telle ou telle langue, la description de ces structures et du fonctionnement de cette langue. » Et quand on apprend une langue étrangère, elle permet de bien comprendre et utiliser :

  • L’ordre des mots dans la phrase : par exemple « he’s a deeply loving human being » (sucession d’adjectifs) est différent de « he’s loving deeply a human being » (sujet, verbe, complément). De plus, les mots en anglais se trouvent souvent dans l’ordre inverse du français. Par exemple, « That’s Peter’s big blue ball », se traduit par « c’est le grand ballon bleu de Pierre. »
  • La fonction des mots dans une phrase. Par exemple, dans « Julie’s children are nice », le ‘s indique la possession, alors que dans la phrase « Julie’s nice with her children », c’est le verbe être. En fait, même l’apostrophe peut faire toute la différence en anglais, quand on écrit « the milk is in its container » (possessif neutre) plutôt que « it’s the milk container » ! (traduction de « c’est »)
  • L‘orthographe des mots. Par exemple, si vous dites en espagnol : « le dejo » c’est très différent de « le dejó ». Dans le premier cas, la personne est en train de quitter quelqu’un, dans le second, le même fait est raconté par une tierce personne. Ou encore, si vous dites « Es blanca esta perra », esta est un adjectif démonstratif. Dans « la perra está despierta », c’est le verbe être. Enfin dans « ésta es mi perra, » c’est un pronom démonstratif !

Alors, si la grammaire est bien nécessaire, voici quelques conseils pour en tirer profit au maximum :

  • Revoir le « jargon » pour différencier un nom d’un verbe, un adjectif d’un adverbe, une préposition d’un adjectif possessif etc…
  • Si possible, apprendre des règles expliquées dans la langue étrangère et pas par des francophones. C’est souvent plus clair, plus précis et plus exhaustif !
  • Pour les conjugaisons, toujours revenir à l’infinitif du verbe (sa forme non conjuguée) et connaître son groupe.
  • Comprendre la valeur de chaque temps pour savoir quand utiliser les utiliser.
  • Apprendre des formules par cœur quand c’est différent du français. Par exemple : when he comes ou I wish I were here ou encore cómo si fuera, para que viniera et cuando venga pour l’emploi du subjonctif.
  • Etablir son propre système d’apprentissage, qui a du sens et permet aussi de s’amuser tout en apprenant ! C’est fondamental pour continuer à progresser.
  • Enfin, ne pas oublier de mettre en pratique les règles que l’on apprend. Par des exercices, mais ensuite en expression libre. Imaginer un dialogue ou écrire un mail par exemple. Juste quelques phrases suffisent.

Pour conclure, apprendre une langue étrangère se réduit-il alors à connaître des règles de grammaire ?! Non bien sûr ! Pour parler, il faut aussi savoir utiliser un mot à bon escient et le prononcer correctement. Ensuite il y a les expressions idiomatiques, le ton et l’humour… On n’a jamais fini ! Et doit-on apprendre toutes les règles grammaticales pour bien parler une langue ? Encore non ! Les nourrissons apprennent bien par imitation, sans pour autant connaître de règle ! Le français est ma langue maternelle, mais je ne connais pas toutes les règles grammaticales. Mais, grâce à mon éducation scolaire, j’ai appris à les comprendre et à les utiliser pour mieux communiquer.

Dans l’apprentissage d’une langue étrangère, c’est le processus inverse : la grammaire est un fondement et un cadre sur lequel on peut s’appuyer pour progresser. Peu à peu, les règles sont intériorisées pour arriver à parler couramment. Comme le dit si bien Stephen King (ci-dessous) : « La grammaire n’est pas juste une emmerdeuse, c’est une cane que l’on attrape pour mettre ses pensées sur pied et les faire marcher. » (traduction personnelle !)

Et quand ça bloque ?!

Des études scientifiques indiquent que, lors de tout apprentissage, nous demandons à notre cerveau d’effectuer les tâches différemment, en modifiant les connections entre nos neurones. Quand on apprend une langue étrangère, il s’agit d’arriver à communiquer et à penser à l’aide de mots différents de ceux de notre langue maternelle. C’est un chemin qui peut être parsemé d’embûches : manque de temps pour pratiquer la langue, oubli de vocabulaire, ou encore problèmes de prononciation qui finissent par donner l’impression de tourner en rond et de ne plus progresser.

Ces péripéties sont parfaitement naturelles, puisque l’apprentissage de la langue se fait par paliers : en effet mettre en pratique une nouvelle règle grammaticale dans un exercice est assez simple et rapide, mais pour pouvoir l’appliquer de façon systématique à l’oral, comme à l’écrit ce n’est pas si simple. L’important est de ne pas se décourager ! Avec le temps et une pratique régulière, certains automatismes vont se mettre en place pour améliorer à la fois la compréhension et la communication en langue étrangère.

Parfois cependant, il y a des obstacles plus tenaces qui peuvent empêcher d’avancer :

  • la frustration et l’impatience : aujourd’hui tout va très vite et, surtout quand les besoins sont réels et pressants, on aimerait apprendre « tout, tout de suite ». Or, malgré tout ce que la technologie propose aujourd’hui, pour parler une langue il ne suffit pas seulement d’apprendre quelques phrases par cœur, ni de traduire les mots à l’aide d’un moteur de recherches ! S’imaginer de pouvoir parler couramment une langue en quelques semaines ne peut qu’engendrer de la frustration, voire du découragement. Au contraire, être réaliste c’est se donner les moyens d’apprendre sereinement et dans la durée. C’est une bonne idée de mettre en pratique dans la semaine ce qu’on a appris pendant le cours. Pour intégrer de l’anglais et/ou de l’espagnol dans votre quotidien, vous pouvez trouver des idées ici
  • une perte de contrôle : il faut le reconnaître, quand on réussit dans la vie active, que l’on est à l’aise dans sa profession, parfois même dans le management, ce n’est pas toujours facile de se retrouver « comme à l’école » et de se laisser guider et corriger ! Ce n’est certes pas un sentiment agréable, mais dans le cadre d’une relation de confiance il est plus facile d’accepter de « perdre pied » momentanément. Après tout, cette situation quelque peu inconfortable demeure limitée au déroulement des cours, pendant lesquels la confidentialité est bien entendu de rigueur.
  • la peur de se tromper : C’est vrai, personne n’aime faire des erreurs, mais dans une situation d’apprentissage, se tromper c’est essentiel ! D’abord, c’est un bon moyen de vérifier ce que vous n’avez pas (encore) compris, et en vous corrigeant, vous vous donnez aussi une chance de progresser ! Il est donc essentiel de surmonter cette peur pour oser prendre la parole par exemple. Les jeux de rôles sont très utiles, par exemple pour les conversations au téléphone, pour réserver un hôtel ou négocier avec un client étranger. Du coup, ce sera beaucoup plus facile quand vous vous trouverez dans ces situations.
  • la honte de ne pas réussir du premier coup : encore une fois, surtout dans notre société ultra-compétitive, il est légitime de vouloir s’assurer qu’on a la bonne réponse avant de se lancer. Cependant, dans la mesure où, comme nous venons de l’expliquer, se tromper fait partie intégrante de l’apprentissage, une certaine dose d’humilité est nécessaire. L’important, c’est d’essayer et d’accepter d’être corrigé si nécessaire. Même si l’on est touché dans son amour propre, c’est ainsi que l’on apprend et que l’on progresse.
  • les paroles négatives : qu’elles proviennent de son entourage ou d’un ancien professeur par exemple, les paroles de moquerie, d’humiliation ou de découragement peuvent engendrer du stress et parfois une incapacité à communiquer. Si vous avez souffert pendant votre enfance ou dans une autre situation particulière, prenez le temps d’en parler. Certaines émotions sont tenaces et peuvent être ravivées soudainement. Cependant sachez prendre du recul car vous n’êtes plus aujourd’hui dans cette situation et vous pouvez surmonter les émotions qu’elle a généré. Evidemment il est préférable d’apprendre dans un environnement calme, où patience et respect mutuel sont de mise.
  • le blocage mental se traduit généralement par une incapacité à comprendre et à mémoriser : peu importe les explications et encouragements, on ne peut plus progresser. Cela peut apparaître momentanément, en cas de surmenage ou de situation de stress prolongé par exemple, auquel cas il vaut mieux faire une pause, pour reprendre l’apprentissage ultérieurement. Si le blocage mental persiste, il est utile d’essayer d’en comprendre la cause pour y remédier. Il s’agit le plus souvent d’une forte perte de confiance en soi, occasionnée par un traumatisme. Celui-ci peut être plus ou moins conscient. Dans ce cas, il s’agit d’être indulgent avec soi-même plutôt que de forcer. Privilégier alors des activités plus ludiques et surtout se relaxer et même s’ amuser à apprendre ! Egalement ralentir le rythme et se fixer des objectifs réalistes permettront de mieux progresser, en évitant de se mettre sous pression.

J’ai observé plusieurs de ces blocages au cours de mon expérience d’enseignement des langues et je les comprends d’autant plus que je les ai aussi expérimenté moi-même, en particulier lors de mes séjours à l’étranger. Ne plus arriver à comprendre ni à s’exprimer est une situation stressante, voire humiliante : on peut se sentir démuni et désemparé. Heureusement, dans la plupart des cas on se sent juste un peu ridicule sur le moment, mais c’est souvent sans conséquence grave. Avec patience et humour (et un peu d’aide peut-être?) on peut surmonter ces obstacles et continuer à avancer, sans se décourager.

Imagerie des connections du cerveau
Imagerie des connections du cerveau – Source : Penn Medecine – National Institute of Mental Health

La prononciation, c’est important ?

La prononciation, c’est la manière dont les sons du langage sont articulés. Dans le cadre de l’apprentissage d’une langue étrangère, cela peut être un exercice ludique et agréable, mais aussi compliqué et souvent redouté !  Alors, arriver à reproduire fidèlement les sons d’une langue, c’est important ?

Une anecdote

Lors de ma première visite au Royaume-Uni en vacances dans le Dorset, nous cherchions le camping de Wareham.  A l’époque, c’était mon père qui essayait de communiquer en demandant aux passants « où est le camping de « Wa-ré-am » ? » mais personne ne le comprenait ! Après avoir tourné en rond pendant de longues minutes, mon père a décidé de montrer l’endroit sur la carte. Un passant s’est exclamé : « Ah! Le camping de « Wèh-roum », c’est par là ! » Je n’ai jamais oublié cette anecdote : mal prononcer un mot peut en effet empêcher de se faire comprendre, avec toutes les conséquences que cela implique.

Alors oui, la prononciation c’est important ! Quelques exemples : en espagnol, si on prononce mal la consonne « r », on peut dire « mais » (pero) au lieu de dire « chien » (perro) !! Et en anglais, si on prononce mal le son [ i ], on parlera d’un navire (ship), plutôt que d’un mouton (sheep). D’ailleurs en français, prononcer un « ou » comme un « u » peut aussi nous jouer des tours, si l’on parle de « beaucoup » par exemple !

La phonétique

Donc, c’est important, mais comment s’y prendre ? Tout d’abord, il peut être utile de se familiariser avec l’alphabet phonétique, qui permet de différencier les sons, comme ici ceux du français :

En espagnol, ce sont surtout les consonnes qui sont difficiles à prononcer pour des francophones, comme le fameux « erre » qui se prononce en roulant la langue contre les dents du haut (et pas dans la gorge, comme en français) ou la « zeta » qui se prononce comme le « th » anglais, en plaçant la langue à plat contre les dents du haut. En anglais, ce sont plutôt les voyelles qui nous donnent du fil à retordre ! Surtout parce que les mêmes groupes de lettres (ou graphies) ne se prononcent pas de la même façon selon le mot. Par exemple : dans « enough », la graphie « ough » se prononce /ʌf /, alors que dans « although », ça se prononce //. De même, la graphie « ow » se prononce /əʊ/ comme dans « low », mais se prononcera /aʊ/ dans les mots « power », « flower » ou « tower ».

Ensuite, ce qui peut surprendre aussi les francophones, c’est l’accent tonique, qui permet de mettre en relief certaines syllabes. En français, on met toujours l’accent sur la dernière syllabe. Par contre, en espagnol, certains mots sont accentués sur l’avant-dernière syllabe comme « amigo » ou « puente », ou même sur l’avant-avant-dernière syllabe, comme dans « jaro » ou « magnífico » (d’où la présence d’un accent écrit sur les voyelles). En anglais, on observe le même phénomène, même s’il n’y a pas d’accent écrit. Par exemple « strawberry » se prononcera /ˈstrɔːb(ə)ri/ avec l’accent sur le « aw » et « comfortable » se prononcera /ˈkʌmftəb(ə)l/, avec l’accent sur le « om ».

Comment s’entraîner

Je suis d’accord que la phonétique par écrit, ce n’est pas idéal ! Alors, comment faire pour s’entraîner ? Vous avez peut-être déjà utilisé des laboratoires de langues pour bien écouter et répéter correctement ? Aujourd’hui, grâce à Internet il y a pleins de solutions gratuites : on peut écouter la prononciation des mots , par exemple  « power » sur le site du Cambridge Dictionary et « pájaro » sur le site Forvo . Pour ceux qui le souhaitent, je recommande aussi l’introduction aux sons de la langue anglaise du site BBC Learning English, qui est très complet. Vous trouverez aussi des vidéos avec scripts sur leur chaîne Youtube. Et pour voir des vidéos en espagnol, il y a par exemple la chaîne d’ El PaísSinon, pour exercer son oreille, regarder un film en VO (de préférence sous-titré dans la langue d’origine) est un très bon exercice. Pensez-y !

Les accents régionaux

Enfin, avant de terminer je ne voudrais pas oublier de parler d’un autre accent, celui défini comme l’ « ensemble de traits articulatoires (prononciation, intonation, etc.), propres aux membres d’une communauté linguistique (pays, région), d’un groupe ou d’un milieu social. » Ce sujet pourrait faire à lui seul l’objet d’un autre article, mais pour conclure, il faut reconnaître que les accents régionaux font partie de la langue d’un pays, qu’on le veuille ou non. Le sketch du comédien britannique Michael Mcintyre décrit avec humour quelques-uns des accents de l’anglais parlé dans le monde ! Le journal El País quant à lui a publié un jeu en ligne pour faire découvrir Los acentos del español. Même si souvent ces accents représentent une barrière à la compréhension pour un apprenant, il est possible de s’y habituer ! On peut aussi les apprendre naturellement, en fonction de son lieu d’habitation (en Ecosse ou Andalousie, par exemple).

Sans complexe

Mais surtout, restons positif ! Il est bien sûr possible de parler couramment une langue, tout en gardant un accent ! Plus ou moins prononcé, c’est ce qui va « trahir » votre pays d’origine. Mais ce qui compte, c’est de se faire comprendre. Emmanuel Macron parle sans traducteur à la BBC ou sur CNN par exemple, mais il ne peut pas cacher son origine. Cependant, qu’il soit authentique ou forcé, un accent peut devenir un atout ! C’est le cas d’Arsène Wenger , l’entraîneur mythique d’Arsenal, pour qui l’accent français est devenu une marque de fabrique. L’acteur espagnol Antonio Banderas qui a fait carrière aux Etats-Unis, a su lui aussi utiliser son accent à son avantage. En conclusion, que l’on ait un accent ou pas, ce qui compte c’est de s’exprimer sans complexe comme ce journaliste français s’adressant au président des Etats-Unis : Dear Donald Trump, don’t mess with French wine!

Whatever you do, keep speaking!

No importa lo que hagas, ¡siga hablando!

Et l’humour dans tout ça ?

Le comique universel existe, comme Charlot ou Mr Bean pour ne citer qu’eux, mais il est vrai que l’humour est probablement ce qu’il a de plus difficile à comprendre dans une langue étrangère.

Pas facile à comprendre

Je me souviens de ma frustration à Madrid quand mes amis espagnols me racontaient une blague : je comprenais tous les mots sauf la chute, qui souvent contient des jeux de mots ou les fameuses expressions idiomatiques ! Et j’ai eu aussi des déboires avec mes amis anglais : combien de fois j’ai pris la mouche sans  comprendre leur fameux humour « pince sans rire » ! C’est vrai qu’en tant qu’apprenant, comprendre l’ironie ou encore le sarcasme en langue étrangère peut s’apparenter à un cauchemar, surtout en début d’apprentissage ! Je peux aussi comprends que l’on cherche à éviter à tout prix les malentendus et le ridicule, voire la honte qu’ils peuvent procurer.  Pourtant il faut avouer que ces sentiments inconfortables font malheureusement partie de l’apprentissage. En effet, apprendre une autre langue demande de la patience et de l’humilité, mais aussi… justement une bonne dose d’humour pour ne pas se décourager et abandonner trop vite !

Mais ça en vaut la peine

En fait, comprendre un comédien étranger et saisir son sens de l’humour a plusieurs avantages : tout d’abord au niveau purement linguistique : cela vous oblige à comprendre non seulement le vocabulaire, mais aussi les subtilités du langage comme l’intonation, les accents, les jeux de mots et autres contresens… c’est une vraie mine d’or et un très bon outil pour progresser !!!!

De plus, c’est souvent par les natifs que l’on découvre tel ou tel talent, donc tout de suite c’est une porte ouverte sur la culture du pays. Cela nous permet en effet de comprendre de qui le ou les humoriste(s) se moque(nt) (d’un accent, d’une région particulière ou d’un certain groupe dans la société ou alors de la nation toute entière !) et ce qui fait rire : une imitation, un déguisement, une parodie ou des jeux gestuels…

Personnellement j’ai remarqué que quand j’ai (enfin) réussi à comprendre l’humour espagnol d’abord, puis l’humour anglais, cela m’a procuré une grande satisfaction, mais aussi l’impression d’être mieux intégrée, de « faire partie de la bande » et de ne plus être autant étrangère. Bien sûr, c’était particulier pour moi puisque j’avais fait le choix d’abord de vivre à Madrid, puis d’épouser un britannique et de m’installer à Swindon. Mais je suis convaincue que pour tout apprenant, comprendre la culture d’un pays en plus de sa langue ne peut être que bénéfique et un vrai enrichissement !!!

Regarder des vidéos

C’est pourquoi je vous encourage à regarder des comiques étrangers et à essayer de les comprendre. Aujourd’hui, avec Youtube notamment, c’est très simple et on peut même rajouter des sous-titres ! A ce sujet, juste quelques conseils : attention aux « sous-titres générés automatiquement » qui peuvent devenir confus si la personne parle vite ou avec un fort accent (ce qui peut arriver dans un sketch !). Dans ce cas, il vaudra mieux interrompre la vidéo et la ré-écouter plusieurs fois. Pour certains sketchs devenus « classiques », il est parfois possible de trouver le script sur internet, ce qui vous permettra de le lire en même temps que la vidéo. L’idéal, c’est aussi de pouvoir demander de l’aide à un natif, qui saura mieux que personne vous expliquer le contexte, les jeux de mots, les références culturelles etc. Mais si ce n’est pas possible, encore une fois pour les sketchs connus, on pourra trouver des analyses (en langue étrangère) sur la toile.

Justement, j’ai posté des vidéos sur ma page Facebook de comédiens anglais et espagnols : allez vite les découvrir pour vous entraîner !

Sans oublier la radio

Je ne voudrais pas terminer sans évoquer la comédie radiophonique, que je connais et apprécie surtout en anglais. Mon mari est un vrai fan et il m’a fait découvrir entre autres le talent de John Finnemore, Benedict Cumberbatch, Stephanie Cole et Roger Allam dans la série « Cabin Pressure » que vous pouvez écouter sur le site de la BBC. Cela demande encore plus de concentration que les vidéos et vous aurez sans doute besoin (comme moi) de plusieurs écoutes pour tout comprendre, mais croyez-moi, ça en vaut la chandelle !!!

Bons éclats de rire et à bientôt !

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Aller à l’étranger…

Le parc du Retiro à Madrid, Espagne

Ici en France, tout le monde a l’air d’accord : pour vraiment apprendre une langue et la parler couramment, il vaut mieux aller vivre dans le pays.

Je serais plutôt mal placée pour dire le contraire : j’ai fait plusieurs séjours linguistiques en Angleterre, puis en Espagne avant d’aller m’y installer à plus long terme. Mais ce qui a vraiment fait une différence, c’était l’absence (ou presque) de contacts avec des français une fois sur place. Et ça, je dirais que c’était aussi important que de faire le déplacement !

Pas toujours facile

Une fois dans le pays, on se sent submergés : tous les mots, tous les sons nous assaillent et deviennent un défi. C’est fatigant :  à chaque échange, il faut faire des efforts et souvent, on n’est pas compris, alors il faut répéter, c’est humiliant et frustrant. Le pire c’était les groupes : plusieurs conversations en même temps impossible à suivre… On a vraiment envie d’abandonner…  Souvent au début, j’arrêtais d’essayer de comprendre et je me réfugiais dans ma bulle, laissant mon entourage devenir un doux brouhaha… Mais heureusement, petit à petit, lentement mais sûrement, le cerveau s’habitue et on finit par se débrouiller !

Comment s’améliorer

Pour progresser au quotidien, je regardais d’abord les jeux télévisés et les dessins animés pour travailler ma compréhension !  Mais c’est de rencontrer des natifs et leur parler régulièrement qui a été déterminant pour m’aider à progresser rapidement. Au bout de plusieurs mois j’ai pu commencer à écouter des émissions de radio et le téléphone ne me faisait plus aussi paniquer ! Et puis, grâce aux sous-titres, j’ai pu apprécier les films en version originale (et j’ai complètement abandonné la VF depuis !) Mais quand j’ai enfin réussi à prendre du plaisir à lire un roman en anglais ou en espagnol, sans m’arrêter tous les 3 mots pour regarder dans le dictionnaire, j’ai souri intérieurement de satisfaction !

Devenir bilingue

J’ai entendu dire que si on rêve et si on arrive à compter dans la langue étrangère, ça veut dire qu’on est pratiquement bilingue… En fait, ce n’était pas vraiment mon objectif car pour moi, apprendre une langue c’est comme un puits sans fond : on n’a jamais fini de découvrir de nouveaux mots, de nouvelles expressions, ou encore de nouvelles nuances… C’est ça la beauté d’une langue ! Comme on dit en anglais « it keeps you on your toes »(ça nous oblige à ne pas nous relâcher !) et du coup on n’a jamais fini d’apprendre !

Alors, autant le savoir dès le début et profiter du voyage plutôt que de penser seulement à la destination !

Une maison californienne

Enjoy the ride ! Bon voyage ! ¡Hasta la vista!

En ligne !

Cela fait quelque temps que je voulais améliorer ma présence en ligne : c’est donc chose faite !

Alors, pourquoi avoir choisi cette photo de la plage du Rohaliguen, près de Sarzeau ? D’abord, parce que j’adore cet endroit ! Le Morbihan est une région magnifique de la Bretagne Sud et comme moi, je suis sûre que vous aimez y habiter.

Quand quelque chose ne présente aucune difficulté, en anglais on parle d’un « walk in the park » et… en ce qui concerne vos progrès, je ne peux pas vous le garantir !

Mais je vous dirais avec les mots d’Antonio Machado : « Caminante, no hay camino / se hace camino al andar ». C’est ensemble que nous trouverons le chemin de votre réussite, « your pathway to success« .

Sur ce blog je vous partagerai les trucs, astuces et autres conseils qui m’ont aidée à devenir trilingue et à le rester !

A très bientôt ! Watch this space! ¡Hasta luego!